Chroniques rustiques

par Antonin Raynaud

Auberge de l’Arrioutou

Route du Hautacam
Hourquet
65400 Beaucens

Difficile d’imaginer Chou farci sans l’Arrioutou. Impossible même. C’est une adresse à mes yeux incontournable dans les Hautes Pyrénées, tant j’y ai passé de bons moments depuis l’enfance, avec famille et amis. Et parce qu’on y mange. Très bien. Et beaucoup.

L’auberge de l’Arrioutou, c’est avant tout un cadre. Féérique. Une ancienne ferme nichée sur les hauteurs des Pyrénées, au détour de la route sinueuse menant au sommet. On prend place en terrasse l’été, immergée dans une vallée verdoyante, sur les chemins des vaches, des moutons ou des chevaux en estive. Au bord d’un petit cours d’eau, on admire, on écoute. L’hiver, on prend place au coin du feu sur les tables aux nappes en vichy rouge. On lit la carte. Faisant abstraction des calories, on commande gaiement le menu en 6 temps.

Au menu, le terroir pyréneen. Les plats défilent, servis au centre de la table, qu’on sert selon les appétits de chacun. Ici, on partage une cuisine réconfortante. Garbure traditionnelle, cette soupe rustique faite de légumes, de viande et de haricots blancs. Puis pâté maison et jambon de pays qui n’ont d’égal. Suivis d’un beau filet de truite, des Pyrénées, cela va sans dire, généreusement recouverte de crème et d’amandes effilées. Puis place aux côtes de mouton, cuites au feu, avec de divines pommes de terres à l’étouffée. Et éventail de fromages, brebis, vache et chèvre. Une salade, tout de même. Enfin, clafoutis aux myrtilles. Des options végétariennes sont possibles sur demande. N’espérez pas une révolution de la cuisine végé cela dit, mais le sujet n’est pas là. Côté vin non plus, très peu de recherche. Mais franchement dans un tel contexte, les concessions, on les fait.


L’Arrioutou c’est cette cuisine paysanne qui nous transporte, un goût universel qui a traversé les âges et qui parvient toujours à nous toucher. On imagine le soulagement des arpenteurs de montagne à la vue d’une auberge. Pousser la porte pour se réchauffer le corps, le cœur et l’esprit.
On repart l’esprit apaisé. L’estomac est lui chamboulé. Mais impossible de résister à l’Arrioutou.

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